« Futur Antérieur : Signes de concordance  »
Wilfried Dsainbayonne

Restitution de résidence Tremplin 2019
Visite sur réservation du 15 au 23 janvier 2022
Vernissage le vendredi 14 janvier 2022 – 18h

Wilfried Dsainbayonne 

Futur Antérieur : Signes de concordance 


 Partant de la préhistoire jusqu’à nos jours, l’outil n’a cessé d’évoluer. Fabriqués à la main, fabriqués à l’aide d’une machine, l’humain se sert de ces dispositifs de manière à pouvoir arpenter, évoluer, vivre, domestiquer et dessiner dans et à travers ses environnements.  
Pour chaque outil créé, un geste et/où une série de mouvements est pratiquée et répétée.  
Dans le cadre de cette résidence Tremplin, les recherches de Wilfried Dsainbayonne portent sur la fabrication d’outils et les liens qu’ils entretiennent avec le corps et les environnements où ils sont employés.  

Cette restitution est aussi l’occasion pour lui de mettre en regard ses recherches avec celles d’artistes qu’il invite, que ce soit sur des projets collectifs et individuels.

  
Avec : Paul Ralu, Kim Doan Quoc, Bruno Marinelli, Alice Pandolfo, Leo Sudre, Violette Loosen, Damien Deparis, Romain Pottier.  
Scénographie : Mathieu Locquet

Restitution réalisée dans le cadre de la Résidence Tremplin 2019, soutenue par la Drac des Hauts-de-France. 

Accueil gratuit sur réservation Doodle :
https://doodle.com/poll/56nmd3r8fe342r4p

> Renseignements :
Tél : + 33 (0)6 61 54 64 45
@ : vuillerme@espacecroise.com

> Évènement Facebook : https://fb.me/e/81W7qyQKh

Sophie Lapalu, critique d’art a rencontré l’artiste Wilfried Dsainbayonne afin de discuter de son travail et des différentes recherches et réalisations menées dans le cadre de sa résidence. Elle rédige actuellement un texte, qui par la suite fera partie d’une édition.


« Ma pratique oscille entre travail plastique et documentaire. Elle prend forme dans l’élaboration de protocole et d’objets à activer. En découle sa présentation ou sa représentation, quelle soit textuelle ou visuelle. Ancrées dans le réel, ces activations viennent créer un corpus de gestes questionnant lieux, individus et / ou le protocole ainsi que l’objet lui-même. Suite aux échanges avec les différents acteurs entourant l’Espace Croisé, ma recherche se tourne sur la fabrication d’objets à échelle de la main via des machines numériques. A travers l’histoire, l’homme n’a cessé de créer des objets, des extensions de son corps pour pouvoir arpenter, évoluer, vivre et dessiner dans et à travers ses environnements.


Avec l’aire industrielle puis technologique, l’homme est maintenant capable de créer ses objets à l’aide de machines et non plus stricto sensu de sa propre main. Mon intention est de produire une série d’objets intemporels induites par le mélange de techniques, de temporalité, se trouvant à mi-chemin entre savoirfaire ancestral et production assistée par une machine.
Imprimante 3D, découpeuse laser, traceuse laser et autres appareils me permettront, avec l’aide du Fab Lab et du Labo 148, de réaliser les deux projets que je souhaite développer, ainsi que de me familiariser et me former dans l’utilisation de ces dernières. Ce projet vise à produire une série d’objets comparable à des outils à échelle de la main, pour ensuite les activer dans divers lieux autour de l’Espace Croisé.
Par conséquent le début de cette résidence est consacré à la réalisation de ces objets.


Le premier est un appareil de mesure approximatif, il sera construit sur l’exemple d’un mètre de charpentier. Celui-ci m’intéresse par ses segments que l’on peut additionner ou soustraire afin de prendre une mesure. Constitué de multiples tronçons de branches d’arbres brutes, graduées par la suite en centimètres. Cet objet questionnera la norme de l’unité de mesure, le besoin de mesurer, de codifier.
Elle sera ici biaisée par la forme organique et sinueuse des branches assemblées, délivrant alors une mesure approximative, au centimètre près. Peu transformé, ce mètre abstrait sera utilisé ensuite pour mesurer, autrement, des plantes non répertoriées dans les zones à proximité du centre d’art. Tentative absurde de vouloir définir.


Le second est un objet permettant de gratter des surfaces. Dans sa fonction et son geste il s’apparentera à un ébauchoir ou à une spatule pour archéologue. Aux mêmes dimensions qu’un stylo, il sera muni de différentes pièces de monnaie à ses extrémités. Celles-ci seront utilisées pour faire référence aux jeux à gratter, pratique bien connue des tabacs et PMU. Ici, ces outils serviront pour gratter la pellicule pigmentaire de différents tirages photographiques, constituant un ensemble. Il s’agirait alors de redéfinir des surfaces grâce à des gestes qui entrecroisent ceux de l’archéologue qui cherche un passé enfouie et un habitué de troquet qui Espace Croisé tente de s’échapper du présent. Il y a alors ambiguïté entre révélation et effacement.
Au sein de divers lieux où il est possible de trouver des jeux à gratter, j’activerai ces outils pour étudier les rapports et les interactions que ce geste commun engendre.


J’élaborerai donc une série d’objet me permettant d’expérimenter et de faire du territoire qu’occupe l’Espace Croisé, mon terrain à investir et à étudier
. »

Note d’intention, Wilfried Dsainbayonne, 2019