Élise Bérimont, « Uapistan trouble », Vidéo, installation, 2019-2021

Avec le soutien du Consulat Général de France à Québec, Fonds Émerillon de coopération franco-québécoise
Et de la Boîte Rouge Vif (à confirmer)
Projet co-réalisé avec Antonin Jousse

Élise Bérimont mène une recherche à partir du poème documentaire en onze chants « Soleil algonquin » (Luc Bérimont, Cahiers Froissart, publication posthume en 1989), écrit en hommage aux amérindiens Innus rencontrés lors d’un voyage au Québec en 1978.
C’est autour de l’histoire réelle et fantasmée d’un Innu appelé Uapistan que se construit ce projet.
Luc Bérimont n’a pas rencontré Uapistan directement. Il a appris son existence à travers le récit du prospecteur Paul Provencher, Uapistan ayant accompagné et guidé celui-ci durant de nombreuses années pour tracer des lignes à travers les immenses forêts du Nord-Québec, aidant ainsi à cartographier les terres pour les compagnies hydro-électriques. Être ambivalent, il devient dans « Soleil algonquin » une figure tutélaire des peuples amérindiens qui prend la parole au nom des ancêtres, dénonce l’accaparement de la nature et l’âpreté des colons. Dans le passage « Uapistan parle », son discours visionnaire annonce l’anthropocène et l’ère post-humaine.
La position de l’auteur, lui-même pris au piège de sa culture, de son imaginaire et de ses représentations, nous interroge. Qui raconte ? Qui projette quoi et au nom de quelle histoire, de quelles convictions ? Comment, à travers une recherche artistique est-il possible de mettre en lumière l’enchevêtrement des relations et des identités ici à l’oeuvre et les rapports de pouvoir qui les accompagnent ? Quels rôles peuvent jouer les artistes visuels qui sont amenés à travailler les questions postcoloniales et écologiques aujourd’hui face aux urgences climatiques et sociales ? Dans quelles perspectives ?